Ordre de la Rose Croix

Modifié le lundi, 09 août 2010 15:01 par DeathBreeze — Catégorisé en: Articles Occultum, Religions

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L’Ordre de la Rose Croix

Écrit par: Ménéstrel

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La célèbre fraternité des rosicruciens, mystérieuse porteuse des secrets ésotériques les mieux gardés depuis ces derniers siècles. Dans ces quelques notes vous y découvrirez son origine, son histoire et peut être même quelques uns de ses secrets si on me permet de les dévoiler… L’Ordre de la Rose Croix est régi par des doctrines chrétiennes qui prônent la toute puissance de Dieu et du Destin mais aussi de la Sagesse et de l’illuminisme. Le but de chacun des frères rosicruciens est la recherche de la « perfection » psychique par le moyen de la méditation et de travaux occultes. On remarquera ainsi la longue liste de personnages devenus célèbres par leurs travaux et qui firent parti de l’Ordre, tel que Faust, Paracelse ou Agrippa

L’ordre de la Rose Croix fonctionne par un système hiérarchique complexe, mais c’est surtout par son histoire que l’on peut apprendre le plus sur son fonctionnement. Introduisons donc son origine…

Saint André, pécheur de poisson, était au service de saint Jean quand il devint le disciple de Jésus Christ, avec son frère Simon ; c’est lui qui assista Jésus pour la pêche miraculeuse du lac de Génésareth. Après la mort de Jésus, il accomplit plusieurs miracles. À Nicée se tenaient sept démons qui tuaient les passants. En présence du peuple, saint André les changea en chiens et les chassa puis il ressuscita les morts. Après son supplice, le tombeau de saint André dégagea une matière farineuse et odorante, d’après laquelle les habitants pouvaient prévoir quelle symboliserait la fécondité de l’année suivante. Après sa mort, il apparut chez l’évêque qui avait à sa table une femme d’une beauté merveilleuse et qui était une incarnation du démon. Il la chassa.

Le supplice de saint André rendit célèbre la croix en X sur laquelle on l’avait attaché les membres écartés ; cet X symbolique, qui est un K grec, fut le signe du développement de l’ésotérisme chrétien. Beaucoup de fraternités adoptèrent le signe de saint André. X, Krestos, le poisson, etc. La croix de Saint André. La Kabbale reconnut sa valeur ésotérique. Saint André fut particulièrement adopté par les fraternités d’Écosse, dont la plante symbolique est le chardon. En Écosse, existèrent, pendant des siècles, des fraternités de Saint André du Chardon.

Tout laisse à penser que Roger Bacon, moine anglais du XIVè siècle, appartenait à une société semblable et qu’il était un membre agissant d’une fraternité initiatique. En effet, dans son livre Azoth, il analyse une gravure : le premier stade du processus alchimique, un cadavre décomposé, couché dans la cornue de l’alchimiste. Le Soleil, la Lune, les planètes avec leurs signes alchimiques correspondant, dominent la scène. Le cadavre lève la tête, reprend espoir. Corbeau Noir sépare la chair des os, tandis que l’âme et l’esprit, petit monstres blancs ailés, quittent le corps en même temps que les derniers souffles. Cette image du profane mort, puis ressuscité à l’initiation vers la vérité Philosophale, symbole Osirien ; et la phrase rituelle : « la chair quitte les os », appartenaient essentiellement aux sociétés hermétiques du Moyen Age. On répétait que Thomas A Kempis, Mathia Kornax, Wigelius, Geber, Raymond Lulle, Arnold de Villeneuve et beaucoup d’autres, appartenaient en secret à des communautés de savants où se perpétuaient des mystères, des mots sacrés, des signes initiatiques.

Or, on retrouvait un signe chez Villeneuve, Lulle, Bacon ou Ortholain, et que l’on revoit au XIVè siècle en Allemagne, c’est la rose. Le signe de la rose venait, disait on, de l’Orient et avait été transmis par les philosophes arabes : rose orientale des Indes, rose des thérapeutes et des Esséniens, rosaces des mosquées, des cathédrales, plénitude philosophique des magnificences, auréole de gloire, formation géométrique d’absolu, de contemplation divine, selon Pythagore. Le symbole essentiel de Rosaria. Il existait une société rosicrucienne en Italie vers 1410, une autre société dans les Flandres en 1430 et enfin une autre société en Allemagne en 1459. Nul n’ignorait en Allemagne la présence de ces Fraternités rosicruciennes. On connaissait donc l’existence de ces Sociétés de Pensée, sous le symbole de la rose et de la croix.

Déjà en 1200, les Romans de la Rose, et notamment celui de Guillaume de Lorris en 1260, achevé par Jean de Meung, faisaient une approche satirique des grands, des religieux et contenaient des allusions à l’Hermétisme alchimique. Le roman d’Arnold de Villeneuve écrit en 1253, celui de Lulle, celui du Doctor Illuminatus écrit en 1270, celui de Ortholanus, le roman de Roger Bacon et enfin celui du Doctor Admirabilis, prouvent que dès 1250 existaient ces Fraternités rosicruciennes, très utiles aux alchimistes pour s’entraider, se protéger, voyager, s’instruire, communiquer leurs travaux entre eux à l’abri des regards indiscrets et ignorants, des pouvoirs publiques et religieux.

On donnait l’exemple à Treves, du comte de Falkenstein, membre directeur d’une de ces associations. On l’appelait le très fameux et très éclairé prince et père des philosophes. Ce mouvement philosophique parcourait l’Europe et attaquait nettement la Rome Papale et les prélats de l’Église. La Rose-Croix précédait la Réforme. Elle répandait une gnose dont se montrait fervents les réformateurs, les étudiants, les mystiques, les hermétistes et les magiciens. Elle prônait une vie plus désintéressée que celle des riches prêtres romains et poussait à des thèmes philosophiques inspirés des manichéens et des cathares. La fureur de Rome, contre la Réforme, s’attaquera violemment à la Rose-Croix. En Allemagne seront pendus de nombreux frères rosicrusciens. Le bijou symbolique des frères Rose-Croix était une rose sur laquelle se détachait une croix ornée de treize joyaux :

Au centre est le diamant signe de sagesse. Sur la branche du haut :
Sur la branche droite :
Sur la branche inférieure :
Sur la branche de gauche :
En 1510 la très illustre Confrérie Allemande des Rose-Croix était très florissante. Son activité internationale et secrète lui donnait une réelle puissance : ses chefs voyageaient continuellement. Les savants, les hermétistes, les occultistes venaient à eux, leur prestige était grand, entre intellectuels et adeptes de la chimie secrète. C’est d’Allemagne avec Agrippa et Paracelse, que partit le mouvement de Pansophie à symbole rosicrucien, dont certaines branches pratiquaient l’illumination et dont les membres se faisaient nommer les Philosophes du Feu. Ils deviendront en 1570, officiellement, les Frères de la Rose-Croix-d’Or.

Le pasteur luthérien Valentin Andreae fut l’apologiste de la Fraternité des Rose-Croix. Il était chapelain de la cour de Wurtemberg et exposa l’origine de Rosenkreuz. La vieille tradition des milieux ésotériques veut que Rosenkreuz, né en Allemagne vers 1378, parcouru le monde avant de parvenir en Orient. Il atteignit le sanctuaire de la Kabbale à Damas et revint ensuite en Allemagne, avec le merveilleux dépôt des arcanes. Puis il se retira dans son village, tel un Hermite, coula une longue vieillesse au fond d’une caverne où la mort l’oublia jusqu’en 1484. Beaucoup plus tard, en 1604, on découvrit son sépulcre, et sur le mur on pu lire cette inscription : « Après cent vingt ans, je serai découvert ». En effet, ce sera bien cent vingt ans après le décès du mage.

Les symboles de Rosenkreuz remontent-ils, comme on le croit, au temps des Gueles et des Gibelins ? La rose de Paracelse, de Nicolas Flamel, du juif Abraham, était-elle le signe hiéroglyphique de l’accomplissement du Grand Oeuvre ? Le chef des Rose-Croix, un jour, sera Khunrath, de Leipzig. La légende rosicrucienne date très certainement du XVè siècle. Elle a emprunté à un chevalier de l’ordre de la Toison d’Or, selon Semler, son nom de Rosenkreuz. Les noces chimiques disent qu’en 1459, Chr. Rosenkreuz obtint la Toison d’Or qui est aussi le nom symbolique du Grand Oeuvre.

A Nuremberg, on se passait sous le manteau les noces chimiques de Rosenkreuz, ou le Grand Oeuvre est représenté sous le symbole de l’union sexuelle entre le Roi (le Soufre) et la Reine (le Mercure). On pratiquait non seulement l’alchimie avec ses symboles transcendantaux, mais aussi la Kabbale, dans les mystérieuses fraternités Rose-Croix. Le symbole de la rose s’étalait dans la prononstication de Paracelse : une rose épanouie au milieu d’une couronne, avec la lettre fraternelle F, (Eliphas Lei rappelle que la lettre F reproduit à peu près la forme du gamma grec majuscule, que l’on barrait comme F pour écarter les soupçons, et qui était le fameux G de la connaissance, la gnose, la géométrie et troisième lettre de l’alphabet, le ternaire initiatique.) Paracelse révéla le symbole transcendantal de la rose et de la croix.

La rose d’Hermès Thot, vient d’Égypte et de Chaldée. Son parfum était la révélation de la vie, sa multiplicité de pétales le signe de la multiplication et de l’Unité parfaite. Tout et Un harmonieux. La rose portait aussi le symbole du sang du Christ, pour la Chrétienté avide d’ésotérisme, illuminant de son message de joie et de vie céleste la croix noire du Sacrifice et de la Mort. On disait que les docteurs gnostiques du Moyen Age, unis en frère et sœur, secrètement, propageaient la doctrine de Philon le Juif, Bède le Vénérable, Al Manson, selon lesquels « Adam n’a chu que par sa propre volonté ». Les Aureae Crucis Fratres étaient des philosophes qui recherchaient les mystères sublunaires. Au sommet, un Imperator, élu pour dix ans et qui remontait d’une lignée remontant à Adam, dirigeait l’Ordre. Parmi les lettres sacrées : I-N-R-I mais aussi traduites par : In Necis Renascor Integer, « Dans la mort, renaître intact et pur ! »

Les Rose-Croix pratiquaient en mécanique les miroirs d’Archimède, en architecture les sept merveilles, les automates d’Archytas, de Bacon et de Maître Albert, le feu et le mouvement perpétuel. En arithmétique, c’était la rythmomachie, l’usage et les secrets de la Roue de Pythagore et de ses nombres s’élevant jusqu’à celui de Dieu. En musique ils écoutaient celle de la nature et de l’harmonie des choses. En géométrie, la quadrature du cercle. Ils connaissaient aussi les arts divinatoires. Aux plus grands initiés, on attribuait l’art de voyager dans les airs et l’art de se rendre invisible. Il est certain que Johannes Faust appartenait à ce mouvement de fraternités internationales. La très illustre confrérie des Rose-Croix d’Allemagne de part son activité internationale, facilitait considérablement les voyages de ses membres, qui, tels des chevaliers étaient reçus et fêtés.

Les « Fraternités », comprenaient des compagnons, des maîtres, des maîtres élus qui s’entraidaient et réservaient bon accueil et hospitalité d’une ville à l’autre. Ces réseaux secrets expliquent comment on pouvait entreprendre de voyager en ces rudes XVè et XVIè siècles, où les moyens de transports manquaient, où les brigandages sévissaient, et où les chemins étaient déplorables. Les étapes, comme celles des moines dans leur couvents, étaient fort bien organisées. En premier lieu se voyaient sur route et d’auberge en auberge les ouvriers-compagnons, qui leur apprentissage terminé, faisaient leur tour d’Allemagne et allaient finir de s’instruire en effectuant un dernier voyage éducatif, professionnel et culturel, qui marquait leur carrière débutante.

En même temps se rencontraient les étudiants-voyageurs. Les Universités du Moyen Age s’échangeaient ainsi leurs élèves. Le tour d’Europe était organisé. Ensuite voyageaient les savants, les écrivains, les astrologues, qui allaient visiter les princes et les personnes célèbres. Ils demeuraient des mois, quelquefois des années auprès d’eux, vivant de leur générosité, leur apprenant leurs connaissances et en leurs apportant les nouvelles du monde extérieur. Ainsi la fraternité de la Rose Croix peut se vanter d’avoir accueillie en son sein des personnages illustres tel que Johannes Faust, Cornelis Agrippa, Théophraste Paracelse ou encore le comte de Cagliostro… Tous furent reconnus comme ésotéristes de génie, maîtres en théologie et en philosophie, ou encore grands humanistes ayant beaucoup voyagé pour leurs études. Depuis lors, une multitude d’ordres initiatiques naquirent. Celui de la Rose Croix continua d’évoluer secrètement, en dehors de ces nouveaux mouvements. La prolifération de ces Ordres engendrera beaucoup de confusion dans le monde de l’ésotérisme. Les positivistes s’opposèrent aux spiritualistes partisans de l’illuminisme. De plus, à partir de la fin du XVIIè siècle, les campagnes napoléoniennes attisèrent la fascination pour l’Égypte. L’ésotérisme Occidental sera ébranlé par la découverte du magnétisme. C’est ainsi que l’ordre de la Rose Croix emmagasina de plus en plus de connaissances et de prestige.

« Dans notre Sanctuaire, tous les mystères cachés ont été préservés intacts ; ils n’ont jamais été profanés. Notre Science est l’héritage promis aux Élus » - Eckartshausen, Rosicrucien du XVIIIe siècle.

De nos jours, l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (A.M.O.R.C.) s’étend actuellement dans le monde entier et constitue par conséquent une Fraternité internationale. Il comprend plusieurs juridictions, chacune couvrant, par delà les frontières, tous les pays de même langue. Il existe ainsi une juridiction allemande, anglaise, espagnole, française, grecque, italienne, japonaise, néerlandaise, nordique, etc. Le siège de chaque juridiction, traditionnellement désigné sous le nom de « Grande Loge », est dirigé par un Grand Maître, lequel est élu pour un mandat renouvelable de cinq ans. Dans son ensemble, l’A.M.O.R.C. est dirigé par un Conseil Suprême qui se compose des Grands Maîtres de toutes les juridictions. Ce Conseil est placé sous la présidence de l’Imperator, titre traditionnel et symbolique qui désigne le responsable le plus élevé de l’Ordre. En tant que tel, il est le garant de la Tradition rosicrucienne et supervise les activités administratives et mystiques de toutes les Grandes Loges. Comme chaque Grand Maître, il est élu à cette fonction pour un mandat renouvelable de cinq ans. L’A.M.O.R.C. est donc mondial, et ses dirigeants, conduisent leurs activités rosicruciennes, non pas en tant que citoyens de tel ou tel pays, mais en tant que responsables d’une Organisation philosophique dont les activités s’étendent au monde entier. Autrement dit, toutes les juridictions réunies forment l’Ordre dans son ensemble et oeuvrent dans une unité parfaite au service d’un même idéal, celui de la Rose-Croix. Il en résulte qu’il n’y a pas d’obédience au sein de l’A.M.O.R.C., car tout les Rosicruciens du monde possèdent les mêmes prérogatives et reçoivent les mêmes enseignements. Dans chaque juridiction, les Rosicruciens qui le souhaitent peuvent se réunir dans des Organismes locaux qui, selon l’ampleur de leurs activités, portent le nom de « Loge », « Chapitre » ou « Pronaos ».

Ces Organismes opèrent sous la responsabilité et sous l’impulsion de la Grande Loge à laquelle ils sont rattachés. D’une manière générale, ils servent de cadre à des rencontres fraternelles et à des travaux qui complètent l’étude individuelle des enseignements écrits de l’Ordre. En cela, ils perpétuent l’aspect oral de la Tradition Rose-Croix. C’est également dans les Loges que sont conférées les initiations rosicruciennes.

Pour permettre aux membres de se rencontrer s’ils le désirent, l’Ordre tient également des Conventions qui peuvent être mondiales, nationales ou régionales. Selon les cas, elles réunissent par conséquent des Rosicruciens venus du monde entier ou résidant dans un pays particulier. Quelle qu’en soit l’ampleur, elles donnent lieu à des activités culturelles et spirituelles au cours desquelles des exposés scientifiques et philosophiques sont présentés aux participants. Elles n’ont naturellement aucun caractère d’obligation, chacun étant libre de s’y rendre ou non. Parallèlement aux enseignements mystiques qu’il met à la disposition de ses membres, l’Ordre possède une Université interne, connue sous le nom d’«Université Rose Croix International (U.R.C.I.)». Formée essentiellement de Rosicruciens, cette Université sert de cadre à des recherches effectuées dans des domaines aussi divers que l’astronomie, l’écologie, l’égyptologie, la médecine, la musique, la psychologie, les sciences physiques et les traditions ésotériques. En règle générale, le résultat de ces recherches est communiqué uniquement aux membres de l’Ordre. Ceci dit, l’U.R.C.I. tient également des conférences et des séminaires ouverts au public.

L’enseignement rosicrucien est donc très diversifié, il aura survécu à tous les âges et à toutes les guerres. Il est à retenir que tout le savoir ésotérique qui découle de cet enseignement n’est pas gratuit et doit rester dans les limites de la raison, personne ne peut se prendre pour « Dieu »…